Kasenga: la succession coutumière au cœur de la crise à Mwansha

Kasenga: la succession coutumière au cœur de la crise à Mwansha

La Société civile Nouvelle Espoir du territoire de Kambove sollicite l’implication du gouvernement central dans la résolution du conflit coutumier qui secoue le groupement Mwansha, dans le secteur de Kafira, territoire de Kasenga, au Haut-Katanga. L’organisation indique que les démarches menées au niveau local n’ont pas permis de mettre fin à cette crise qui dure depuis près de six ans.

En effet, le groupement Mwansha ne dispose plus d’un chef coutumier officiellement reconnu depuis le décès de l’ancien titulaire. En 2025, la famille de l’ancien chef a proclamé l’un de ses fils comme chef du groupement. La société civile rapporte que la famille affirme que l’administrateur du territoire de Kasenga lui avait assuré que ce dernier devait exercer cette fonction. De son côté, le chef du secteur de Kafira soutient qu’aucun chef coutumier n’a encore été reconnu conformément à la loi. Pour la société civile, ces positions divergentes entretiennent la confusion et accentuent les divisions au sein du groupement.

En outre, la Nouvelle Société civile dénonce des actes de violence qu’elle attribue à la famille de l’ancien chef du groupement. Selon elle, ces actes ont visé un chef désigné par le secteur pendant cette période de transition coutumière. L’organisation craint une aggravation des tensions si les autorités ne trouvent pas rapidement une solution. “La famille de l’ancien chef coutumier ne veut pas qu’une autre personne assure ces fonctions. La dernière personne que le chef de secteur avait nommée en attendant les élections a été tabassée par la famille de l’ancien chef. Il a failli y laisser sa peau”, déclare Alain Kishala, coordonnateur de la société civile Nouvel espoir.

La société civile sollicite l’implication du gouvernement central

Par ailleurs, cette organisation souligne que le chef de secteur a convoqué une consultation le 15 juillet 2026 afin de réunir les candidats et les autorités concernées. Selon la société civile, tous les invités ont répondu à cette invitation. Toutefois, une délégation provinciale des Affaires coutumières aurait tenté d’imposer la désignation d’un chef sans organiser les consultations prévues. Le chef du secteur s’y est opposé. La délégation a ensuite quitté les lieux sans donner d’explication officielle. ” Les dispositions prises ici dans la province n’ont pas abouti. C’est pourquoi nous sollicitons l’implication du gouvernement central” indique Alain Kishala.

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Des nouvelles consultations annoncées

Le chef du secteur de Kafira reconnaît, pour sa part, que le processus rencontre plusieurs difficultés. Il indique que les autorités ont tenté d’organiser les consultations à deux reprises, mais sans succès. “Il y a effectivement eu des complications. Nous avons organisé les élections à deux reprises. Cela n’a pas tenu pour plusieurs raisons. C’est notamment l’incompréhension de la famille régnante, explique Jean Kaoma, chef de secteur Kafira.

Il annonce également que de nouvelles consultations publiques pourraient se tenir au mois de septembre. Elles seront ouvertes à tous les candidats et à toutes les parties concernées. Il rappelle enfin que chaque prétendant doit respecter la loi afin de garantir un processus crédible et apaisé. ” Il y a une loi qui définit la procédure de l’installation d’un chef coutumier. La famille doit respecter car nul n’est au-dessus de la loi” dit il.

En RDC, la désignation d’un chef coutumier est encadrée par la loi n°15/015 du 25 août 2015 fixant le statut des chefs coutumiers. Ce texte reconnaît l’autorité coutumière tout en imposant le respect des procédures légales et des coutumes compatibles avec la Constitution.