Lualaba : trois ONG questionnent la traçabilité des minerais à Musompo

Lualaba : trois ONG questionnent la traçabilité des minerais à Musompo

La gouverneure Fifi Masuka a annoncé cette semaine que toutes les transactions de cuivre et de cobalt artisanaux devront désormais se dérouler au centre de négoce de Musompo, à Kolwezi. Trois ONG saluent cette initiative. Cependant, elles alertent sur la provenance des minerais. Ensuite, elles réclament des zones d’exploitation artisanale opérationnelles.

La traçabilité du cuivre et du cobalt artisanaux suscite des interrogations dans le Lualaba. Dans un communiqué, trois ONG appellent les autorités à garantir la transparence dans l’approvisionnement du centre de négoce de Musompo.

Il s’agit de l’Action Sans Frontière (ASF), de Justicia ASBL et d’Agir pour le Patriotisme, les Droits de l’Homme et la Justice (APDHJ).

Cette semaine, la gouverneure Fifi Masuka a insisté sur cette nouvelle mesure. Le cuivre et le cobalt artisanaux devront désormais être entreposés et vendus  à Musompo. Elle a ainsi appelé les coopératives minières à respecter cette mesure.

Les trois organisations saluent les efforts des autorités provinciales pour rendre le centre opérationnel. Elles estiment en outre qu’il peut contribuer à assainir le secteur minier artisanal.

Cependant, ces ong soulèvent une question essentielle : d’où proviendront les minerais destinés à approvisionner le centre de Musompo?

Des zones d’exploitation artisanale peu opérationnelles

 

Pour les ONG, centraliser les transactions ne suffit pas. Il faut aussi garantir la légalité des sites d’extraction.

Il y a environ un an, le ministère des Mines a institué 64 zones d’exploitation artisanale (ZEA) en RDC. Plus de la moitié sont situées dans la province du Lualaba.

Pourtant, une seule est opérationnelle à ce jour. Elle se trouve au quartier Kasulo de Kolwezi, où travaillent près de 5 000 creuseurs.

Les trois ONG mettent ainsi en garde contre l’approvisionnement du centre en minerais issus de concessions minières industrielles. Elles estiment que cette pratique constituerait une violation de la législation minière dans le contexte actuel. Une pratique déjà dénoncée par l’Institut EBUTELI .

Par ailleurs, les ONG demandent aux autorités de rendre les ZEA accessibles aux coopératives. De plus, l’État doit soutenir leur viabilisation. Si l’État autorise l’approvisionnement à partir de concessions industrielles, elles l’invitent à certifier les sites concernés.

Des taxes et des paiements sans quittance dénoncés

Les ONG dénoncent également les difficultés rencontrées par les coopératives minières. Elles rapportent des plaintes concernant la multiplicité des taxes et des paiements sans quittance. Ce qu’a révélé également l’institut de recherche EBUTELI dans son récent rapport.

Les organisations accusent aussi certains services étatiques d’ériger des barrières pour obtenir des paiements. Elles demandent enfin aux autorités de clarifier les taxes légalement exigibles et de mettre fin à ces pratiques.

 

Enfin, les organisations appellent les entreprises minières industrielles à dialoguer avec les acteurs artisanaux présents sur une partie de leurs concessions. Elles rappellent que les communautés locales doivent pouvoir vivre des ressources naturelles de leur milieu et bénéficier de leurs retombées.