RDC : poussières, manque d’eau et pertes de terres, inquiétudes autour de Manono Lithium

RDC : poussières, manque d’eau et pertes de terres, inquiétudes autour de Manono Lithium

À Manono, dans la province du Tanganyika, les activités minières suscitent des inquiétudes au sein des communautés riveraines. Autour du projet de Manono Lithium, les habitants font face, selon la société civile, à plusieurs difficultés. Poussières, explosions, manque d’eau et pertes de terres agricoles figurent parmi les problèmes dénoncés.

Valéry Kumwimba, membre de la société civile de Manono a lors de l’Alternative Mining Indaba décrit un quotidien devenu difficile pour les habitants de Kanteba. Cette commune, qui compterait environ 40 000 habitants, se trouve à proximité du site d’exploitation. Selon lui, les opérations minières se poursuivent jour et nuit, avec des conséquences sur la tranquillité des riverains. “L’entreprise fonctionne 24 heures sur 24. Il y a des détonations provoquées par les explosifs et les engins. La population subit ces bruits jour et nuit “, explique-t-il.

À ces nuisances s’ajoute la poussière soulevée par les camions qui transportent les minerais vers l’usine. Le problème, souligne Valéry Kumwimba, c’est l’absence d’arrosage régulier des routes pour limiter cette poussière. Ainsi, les habitants respirent quotidiennement ces particules. Certains souffriraient notamment de toux et d’autres problèmes respiratoires, selon son témoignage.

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Accès à l’eau difficile

Mais les préoccupations ne s’arrêtent pas là. L’accès à l’eau devient également une source d’inquiétude. Valéry Kumwimba affirme que l’entreprise a dévié la rivière Lukushi, autrefois utilisée par les habitants pour leurs besoins domestiques. Cette rivière alimentait également certains puits. Depuis sa déviation, plusieurs de ces points d’eau auraient tari.

Les conséquences se font sentir au quotidien. Les habitants doivent parcourir de longues distances pour trouver de l’eau. De plus, le prix d’un bidon de 20 litres atteindrait désormais 500 francs congolais, selon le représentant de la société civile.

Par ailleurs, les activités minières auraient entraîné la perte de plusieurs terres agricoles. Des habitants auraient ainsi perdu leurs champs après l’attribution des espaces à l’exploitation minière. Valéry Kumwimba affirme que certains n’ont reçu aucune indemnisation. Il évoque aussi le déplacement des habitants du quartier Boulevard.

Au-delà de ces difficultés, la société civile déplore le manque d’informations sur les mesures environnementales prises par l’entreprise. Elle dit ne pas avoir accès aux plans de gestion environnementale ni connaître précisément les engagements de la société.

Face à cette situation, Valéry Kumwimba appelle les autorités et l’entreprise à respecter leurs engagements. Il insiste notamment sur la protection de l’environnement et la prise en compte des besoins des communautés.

Pour sa part, Manono Lithium nie toutes ces allégations et les qualifie de diffamatoires. “Nous sommes au courant et nous allons réagir dans un délai très court. Au fond, tout ce qui se raconte n’est pas vérifié et sont des diffamations”, a dit Célestin Munganza, chargé de communication de cette entreprise