RDC : face à Ebola l’aide alimentaire peine à répondre à l’urgence
Alors que la République démocratique du Congo tente de contenir sa 17ᵉ épidémie de la maladie à virus Ebola, les acteurs humanitaires alertent sur une autre urgence. C’est l’aggravation de l’insécurité alimentaire dans les provinces touchées. La propagation du virus, combinée aux restrictions sanitaires et aux difficultés d’accès aux moyens de subsistance. Ceci fragilise davantage des milliers de ménages déjà vulnérables.
En effet, selon le dernier rapport du Cluster Sécurité Alimentaire qui a couvert la période du 6 au 12 juin 2026, 676 cas confirmés d’Ebola et 136 décès avaient été enregistrés au 10 juin. Les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu demeurent les principaux foyers de l’épidémie. Avec l’apparition de nouveaux cas dans plusieurs zones de santé, cela indique que la situation continue d’évoluer rapidement.
Au-delà de l’urgence sanitaire, les conséquences socio-économiques deviennent de plus en plus préoccupantes. Les personnes infectées, leurs familles ainsi que les cas contacts sont souvent contraintes de limiter leurs déplacements. Cette situation réduit leurs possibilités de travailler, de cultiver ou de s’approvisionner sur les marchés. Le Cluster estime qu’au moins 12 222 personnes directement affectées nécessitent une assistance alimentaire immédiate.
La situation est d’autant plus inquiétante que les zones touchées par Ebola correspondent en grande partie à des territoires déjà confrontés à une insécurité alimentaire aiguë. En Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, près de 8,7 millions de personnes sont en insécurité alimentaire élevée. Ceci traduit une situation de crise, voire d’urgence pour certaines localités.
Les réponses alimentaires peinent à suffire dans les zones touchées par Ebola
Pour répondre à ces besoins, les partenaires humanitaires distribuent des repas chauds, des rations alimentaires. Les acteurs humanitaires prévoient également des appuis agricoles. Ces actions visent à favoriser la relance des moyens de subsistance des ménages et la réinsertion des survivants d’Ebola. Toutefois, les capacités de réponse restent largement insuffisantes.
Depuis le début de la crise, seulement 711 personnes ont bénéficié d’une assistance alimentaire. Parmi les 582 cas confirmés, seuls 77 malades ont reçu des repas chauds. 505 personnes restent encore sans couverture. Les familles des patients sont également peu assistées. A Bunia, par exemple, à peine 5 % des ménages ciblés ont reçu des rations alimentaires.
Les organisations humanitaires attribuent cette faible couverture au manque de financement. Elle est également associée aux contraintes logistiques et à l’évolution rapide de l’épidémie. Elles appellent les bailleurs à renforcer leur soutien afin d’éviter que la crise sanitaire ne se transforme en une crise alimentaire de grande ampleur.
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Pour les acteurs humanitaires, contenir Ebola ne consiste plus uniquement à soigner les malades. Il s’agit désormais de préserver les moyens de subsistance des populations afin d’empêcher que la faim ne devienne une nouvelle urgence humanitaire dans l’est de la RDC.

