La RDC aurait exporté entre 2000 et 5000 tonnes d’uranium entre 2020 et 2024 (étude)
Une étude publiée dans Nature Communications révèle que les exportations congolaises d’hydroxyde de cobalt auraient également transporté entre 2000 et 5 000 tonnes d’uranium entre 2020 et 2024. Les chercheurs indiquent cependant que cette matière radioactive n’a pas été exportée comme un minerai d’uranium. Il a été exporté comme un composant se trouvant dans le cuivre et le cobalt. Ils appellent à un contrôle radiologique rigoureux dans la chaîne d’approvisionnement.
Les chercheurs estiment qu’environ 40 tonnes d’uranium continuent de quitter le pays chaque année. Et cela même lorsque les cargaisons respectent les seuils réglementaires de radioactivité. L’étude indique également que la présence d’uranium provient des gisements cuprifères et cobaltifères de la Copperbelt. Ils indiquent aussi que dans cette partie des éléments minéraux sont naturellement associés.
L’étude souligne aussi des risques pour la santé des travailleurs, des communautés riveraines et des lacunes dans le suivi international des matières radioactives.
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Renforcer le contrôle
Pour certains experts, les résultats de cette étude ne sont pas du tout faux. Donat Kambola, coordonnateur de l’ONG l’Initiative pour la bonne gouvernance et les droits humains (IBGDH), rappelle que des minerais radioactifs ont déjà été exportés et renvoyés au pays. En 2015, une cargaison de KCC a été renvoyée au pays pour cause de radioactivité. En 2023, une autre cargaison de l’entreprise COMMUS a subi le même sort », explique-t-il.
Pour cet expert, le problème se situe au niveau du contrôle. “Cette situation met en cause la capacité de contrôle de tous les services sensés contrôler la radioactivité des minerais”, dit -il encore.
Cependant, d’autres experts estiment qu’il n’est pas ainsi pour le moment. Jean-Michel Kalonji, expert en mines, a un avis nuancé. « La RDC n’a pas légalement autorisé l’exploitation dans ses sites d’uranium connus », insiste -t-il. En revanche, il explique que si ces minerais exportés sont radioactifs, c’est à des faibles teneurs. “Ceci s’explique par le fait que les technologies qui séparent les minerais ne vont peut-être pas en profondeur pour enlever toutes traces de radioactivité“, dit-il encore.
Cet expert explique aussi que si cela pouvait arriver par le passé, il n’en est pas ainsi aujourd’hui. “Avec l’installation à Kolwezi, du laboratoire moderne du Centre d’expertise d’évaluation et de certification (CEEC), cela n’arrive presque pas“, affirme-t-il.
En effet le CEEC, depuis 2023, a ouvert son laboratoire de certification des minerais en RDC. Cette institution contrôle, teste et certifie les minerais avant leur exportation. Ensuite, elle délivre le certificat d’origine.

