Kambove : une vidéo de violences attribuée à COMIKA suscite l’indignation
Une vidéo montrant une personne soumise à des traitements inappropriés par des agents de sécurité circule sur les réseaux sociaux. Cette vidéo est attribuée à la compagnie minere de Kambove (Comika) basée dans la cité minière de Kambove. L’affaire provoque des réactions au sein du cadre de concertation de la société civile du Haut-Katanga.
C’est une vidéo de 1’45. Elle montre six militaires administrant de coups de fouet à un agent. Dans cette vidéo, on voit d’autres agents habillés en tenue de service passer à côté sans aucune intervention. En outre, la victime de ces tortures dégradantes n’a pas su se sauver de ces atrocités. C’est après plusieurs coups de fouet que ces derniers ont résolu d’arrêter de le fouetter.
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Par ailleurs, le cadre de concertation de la société civile du Haut-Katanga est indigné par cette situation. Dans un communiqué publié le 27 août, ce cadre dénonce ce qu’il qualifie d’« actes indignes et barbares » sur le site minier de COMIKA à Kambove. Cette organisation de la société civile demande notamment que les autorités fassent respecter les décisions relatives à la présence des militaires dans les entreprises minières.
Une commission mixte réclamée
La société civile appelle à une intervention urgente des autorités provinciales. Elle propose la mise en place d’une commission mixte regroupant la Commission des droits de l’homme de l’Assemblée provinciale, les structures de la société civile chargées des droits humains et de la gouvernance sécuritaire, l’Inspection du travail ainsi que l’Auditorat militaire du Grand Katanga. Cette commission devrait effectuer une descente sur le site de COMIKA afin de faire la lumière sur les circonstances de l’incident.
Pour le Cadre de Concertation, le respect des droits humains et de la souveraineté nationale ne peut faire l’objet d’aucun compromis. Il appelle également à l’exécution de la décision présidentielle concernant le retrait des militaires sous-traités dans les entreprises minières.
COMIKA réagit
Dans un document également partagé dans les réseaux sociaux sans sceau ni signature attribué à Comika SAS, l’entreprise confirme que la vidéo concerne effectivement sa zone minière. Toutefois, elle apporte des précisions sur les faits.
Selon l’entreprise, la vidéo aurait été filmée il y a environ quatre mois. Elle affirme qu’une personne non autorisée était entrée sur son site et aurait tenté de dérober des biens. Lors de son interpellation, un conflit aurait opposé cette personne aux agents de sécurité.
COMIKA reconnaît que certains agents, « sans autorisation de leur hiérarchie », ont adopté des comportements inappropriés. La société assure que sa direction n’a jamais ordonné de tels traitements et annonce un renforcement de la formation, de la gestion et de la supervision de son personnel de sécurité.
Une enquête pour établir les responsabilités
Toujours dans ce document, COMIKA affirme également avoir pris contact avec la personne apparaissant dans la vidéo pour lui témoigner son attention et sa compassion. L’entreprise dit se tenir prête à coopérer avec les autorités compétentes dans le cadre de toute enquête.
L’affaire met ainsi en lumière la nécessité d’un contrôle rigoureux des dispositifs de sécurité dans les zones minières. Entre les exigences de protection des installations et le respect des droits fondamentaux, les responsabilités devront désormais être établies sur la base des faits et des conclusions d’une enquête indépendante.

