RDC: la CENCO appelle à renforcer la riposte contre Ebola
La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) alerte sur la situation de l’épidémie d’Ebola en Ituri. Dans un communiqué publié le 1ᵉʳ septembre 2026, les évêques appellent à une mobilisation plus importante pour contenir la maladie. À ce jour Ebola a déjà fait plus de 3 000 morts selon le ministère de la santé.
La CENCO s’inquiète. « En tout état de cause, la situation sur le terrain demeure très préoccupante », souligne-t-elle.
Selon la CENCO, plusieurs structures de santé manquent de matériels de prévention et de protection. Certaines connaissent également des ruptures de stocks répétées. « Certains établissements de soins n’ont jamais reçu le moindre matériel », indique la Cenco. Pour cette commission, cette situation expose davantage les professionnels de santé. Plusieurs d’entre eux ont perdu la vie dans l’exercice de leur travail.
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Les évêques évoquent aussi les difficultés financières et logistiques des équipes de santé. « Il est urgent d’y remédier » insistent-ils.
La désinformation complique la riposte
Pour la CENCO, la lutte contre Ebola se heurte également à la désinformation. « Nous sommes plus que préoccupés par l’ampleur de la désinformation, la mésinformation et la sous-information qui entourent cette maladie », indique le communiqué.
Selon la CENCO, dans certaines communautés, Ebola est attribué à « un mauvais sort ou à la sorcellerie ». Certaines pratiques culturelles liées aux soins et aux rites funéraires compliquent aussi le travail des équipes de riposte.
La CENCO déplore les résistances aux mesures de prévention. Les agents ont été agressés. Des centres de traitement ont également été incendiés.
L’Église renforce son action
La CENCO demande aux paroisses et aux structures catholiques de renforcer la sensibilisation. Les Communautés ecclésiales vivantes (CEV) et les Mouvements d’action catholique (MAC) sont appelés à participer aux actions de prévention.
« Les évêques réitèrent l’invitation aux directeurs des centres pastoraux diocésains et aux curés des paroisses à mettre en œuvre le plan de prévention et de lutte contre la maladie à virus Ebola à travers les Communautés ecclésiales vivantes (CEV) et les Mouvements d’action catholique (MAC) » précise le communiqué.
Chaque évêque diocésain doit également évaluer les risques avec les autorités sanitaires locales. Les diocèses peuvent adapter les veillées mortuaires et les célébrations des funérailles chrétiennes selon les contextes.
La CENCO appelle également ceux qui peuvent apporter davantage de soutien à renforcer leur intervention, notamment en faveur des structures de santé.
Malgré l’ampleur de l’épidémie, les évêques appellent à ne pas céder à la fatalité. « Il nous faut nous mobiliser pour la combattre et la vaincre » affirment-ils.
Des gestes simples pour prévenir la maladie
Les évêques appellent la population à suivre les recommandations des autorités sanitaires. Ils insistent notamment sur le lavage régulier des mains. Ils demandent aussi d’éviter les poignées de main, y compris dans les églises lors de l’échange d’un signe de la paix.
La CENCO recommande de bien cuire les aliments et d’éviter la viande provenant d’animaux morts. Elle appelle également à éviter tout contact avec le sang, les liquides biologiques et les tissus des personnes malades.Les corps des personnes décédées ne doivent pas être manipulés par la population. Ils doivent être pris en charge par les équipes médicales.
Toute personne présentant des signes suspects, notamment la fièvre, les vomissements, la diarrhée, les saignements ou du sang dans les urines, doit être orientée vers le centre de santé le plus proche.
Déclarée le 15 mai 2026 par le ministère de la Santé publique, l’épidémie continue de progresser en Ituri. Selon les données communiquées par la CENCO, 5 713 cas confirmés avaient été enregistrés au 25 août 2026, pour 2 744 décès, soit un taux de létalité de 48 %. À la même date, 770 malades étaient en isolement et 1 269 patients avaient été déclarés guéris.

