Lubumbashi: l’alliance mondiale des droits humains pour une meilleure action
Face aux défis croissants qui touchent les droits humains dans le monde, une nouvelle initiative entend renforcer l’engagement en leur faveur. Il s’agit de l’Alliance mondiale pour les droits de l’homme. Elle vise à replacer les droits humains au centre des décisions et de l’action quotidienne. Cette alliance a été lancée le 11 juin 2026 à Genève, en Suisse, sous l’égide du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH). Elle veut réunir plusieurs acteurs autour d’un même objectif. Celui de faire des droits humains une réalité dans la vie de chaque personne.
En effet, les droits humains ne doivent pas rester seulement dans les textes et les engagements internationaux. Ils doivent aussi être visibles dans la vie quotidienne. Cela concerne notamment l’accès à l’eau, à la santé, à l’éducation, au logement, aux services publics, à la mobilité et à la participation à la vie de la communauté. Ces services doivent être accessibles à tous, sans discrimination.
Dans ce contexte, l’Alliance veut répondre aux nombreux problèmes qui touchent les sociétés. Les conflits et les inégalités restent présents dans toutes les communautés. Par ailleurs, l’espace civique se réduit dans plusieurs pays. Les libertés d’expression, de pensée et d’opinion sont aussi confrontées à de nouvelles difficultés. À cela s’ajoutent les défis liés au numérique et à l’intelligence artificielle, qui soulèvent de nouvelles questions sur le respect des droits humains.
Cette alliance repose sur trois piliers, notamment imaginer, dialoguer et agir. Il s’agit d’imaginer de nouvelles façons de faire avancer les droits humains. Dialoguer entre les différents acteurs et surtout passer à l’action pour répondre aux réalités vécues sur le terrain.
Lire aussi: RDC: débat sur la constitution et la protection des droits humains
Un nouvel élan pour la défense des droits humains
Ainsi, l’Alliance veut donner un nouvel élan à la défense des droits humains. Ce travail ne concerne pas uniquement les États et les institutions internationales. Les organisations nationales et internationales, la société civile, les défenseurs des droits de l’homme, les communautés locales, les jeunes, le secteur privé, le monde académique et d’autres acteurs sont également appelés à participer.
Dans cette perspective, l’Alliance poursuit trois objectifs principaux : rapprocher les engagements internationaux des réalités locales, renforcer la confiance dans les droits humains et encourager les différents acteurs à travailler ensemble. « Les droits humains doivent avoir un sens dans la vie quotidienne »
Les DDH appelés à s’approprier l’initiative de l’alliance
Pour Maître Gaston Nyembwe, employé au HCDH à Lubumbashi, cette dynamique nécessite également une mise à niveau des défenseurs des droits de l’homme. « Nous sommes des acteurs dans le domaine des droits de l’homme. Il ne faudra pas que nous soyons en déphasage des grandes avancées qui sont en train de se faire dans ce domaine », souligne-t-il.
Il insiste par ailleurs sur la nécessité de partir des réalités locales. « Si les droits n’ont pas de sens dans les milieux où vivent les individus, ils ne peuvent pas avoir de sens ailleurs », dit-il. Selon lui, le respect des droits humains doit également guider les grandes décisions.
L’Alliance se projette jusqu’en 2028, année qui marquera le 80ᵉ anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Cette échéance doit notamment servir de cadre pour renforcer les actions et rapprocher davantage les principes universels des réalités vécues sur le terrain. ” L’alliance ne vient pas remplacer les textes qui existent. Elle vient les renforcer, les revitaliser. En tant que DDH, il faut s’en approprier, déclare-t-il.
Des activités prévues à Lubumbashi
C’est dans cette perspective que le HCDH, bureau de Lubumbashi, a réuni la semaine dernière, des défenseurs des droits de l’homme. La rencontre a permis de présenter l’Alliance et d’échanger sur les activités à mener afin de le promouvoir.
Les participants ont formulé plusieurs propositions. C’est notamment d’organiser des activités de sensibilisation commune par commune. D’autres ont opté pour la création d’un comité et le regroupement des activités par thématiques. Enfin, d’autres participants ont estimé qu’il fallait d’abord mener des actions permettant à tous de mieux comprendre l’Alliance avant d’engager des initiatives plus larges.

