Lubumbashi : l’UDPS marche, la CNDH et Justicia ASBL dénoncent un traitement différent
À Lubumbashi, les rues ont de nouveau été prises d’assaut par des militants d’un parti politique. Cette fois, c’était au tour de l’UDPS. Ce Mardi 22 septembre, plusieurs milliers de militants ont marché pour soutenir le dialogue national annoncé par le président Félix Tshisekedi. Cependant cette suscite des réactions de certains acteurs c. Pour eux , la ville applique une politique de deux poids deux mesures.
Dans le cortège, plusieurs figures des institutions provinciales ont été aperçues. Le gouverneur intérimaire du Haut-Katanga, Martin Kazembe, le président de l’Assemblée provinciale, Michel Kabwe, et le sénateur Danny Kabongo étaient notamment présents.
La mobilisation a été encadrée. Elle a surtout eu lieu alors qu’une interdiction des manifestations publiques avait été annoncée à Lubumbashi.
Le contraste avec les événements du 15 septembre est difficile à ignorer. Ce jour-là, la marche de la Coalition Article 64, regroupant des partis et mouvements de l’opposition, n’avait pas été autorisée dans la ville. La mesure avait été accompagnée d’un déploiement policier. Des militants avaient été interpellés et des incidents avaient été signalés.
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Une semaine plus tard, une autre manifestation politique a donc pu parcourir les rues de Lubumbashi. Cette fois, les couleurs étaient celles du parti présidentiel.
C’est justement cette différence qui préoccupe la Commission nationale des droits de l’homme.
Les mêmes règles pour tous ?
Pour Joseph Kongolo, de la CNDH, le principe est pourtant simple. Les mêmes règles doivent s’appliquer à tous les acteurs politiques. La majorité ne devrait pas bénéficier d’un traitement différent de celui réservé à l’opposition. Et inversement.
La liberté de manifester est garantie par la Constitution. Mais encore faut-il que ce droit puisse être exercé sans distinction liée à l’appartenance politique.
La CNDH dit avoir documenté les événements du 15 septembre. Elle entend, par ailleurs, poursuivre son plaidoyer auprès des autorités provinciales afin que des attitudes neutres, justes et équitables soient privilégiées dans l’encadrement des manifestations.
Car une question reste posée. Si les manifestations publiques étaient interdites, pourquoi la marche de l’UDPS a-t-elle pu se tenir ce 22 septembre ?
« L’administration est politisée », affirme Maître Timothée Mbuya
Cette différence de traitement est également dénoncée par Maître Timothée Mbuya directeur de JusticiaASBL. Pour lui, la répression d’une manifestation de l’opposition, suivie quelques jours plus tard de la tolérance d’une mobilisation organisée par le pouvoir, traduit une politisation de l’administration.
« L’administration est politisée ainsi que toutes les institutions, y compris les services de sécurité », affirme le juriste.
Selon lui, les droits civiques et politiques doivent être garantis de la même manière aux citoyens, qu’ils soient proches du pouvoir ou membres de l’opposition. Or, constate-t-il, des manifestations sont refusées aux uns alors qu’elles sont tolérées pour les autres.
Pour Maître Mbuya, cette situation marque un recul de la démocratie. Il estime même que le pays s’engage vers un régime qui ne supporterait plus la contradiction.
À Lubumbashi, le débat dépasse donc désormais les deux marches de l’UDPS et du C64. Il porte sur une question plus large. Les mêmes règles sont-elles réellement appliquées à tous les acteurs politiques ?

