Katanga : Quid du retrait des militaires des sites miniers ?

Katanga : Quid du retrait des militaires des sites miniers ?

Quatre jours après l’annonce par le commandant de la 22e région militaire du retrait des soldats des sites, les questions se posent. Les militaires ont-ils été réellement évacués des périmètres miniers? Cette opération devrait répondre à l’instruction du Chef de l’Etat. Félix Tshisekedi a ordonné il y a plus d’une semaine le retrait des soldats qui occupent illégalement les sites miniers.

L’annonce a été faite samedi a Kolwezi par le général Eddy kapend. Le commandant de la 22e région militaire basée dans la région du Katanga répondrait à la question d’un journaliste après la cérémonie de vernissage de son tout premier livre

‘’ Il est interdit aux militaires d’être sur les sites miniers. Ils ne devraient pas perturber l’exploitation minière. En plus , l’ ordre du gouvernement est clair.”

Le général Eddy kapend a ,dans la foulée, annoncé  le retrait des soldats sur un premier site non loin de Kolwezi. Il s’agit en effet du site de Kinsakala. Ici est installée notamment la société COMIDE du groupe Kazakhstan Eurasien Ressources group ERG.

‘’J’ai donné l’instruction pour évacuer tous les militaires de Kisankala. Ainsi, les camions sont partis, on est en train de dégager tout le monde.’’

Cependant , le commandant de la 22e région militaire attire l’attention sur le recours fréquent aux forces de l’ordre. Il appelle les entreprises minières à s’abstenir de ces pratiques. ’’Lorsque vous avez des conflits, vous voulez voler des minerais d’autrui… C’est vous qui venez chercher les militaires pour vous protéger . Moi je les retire et je les déploie là où ils doivent être’’, a-t-il conclu.

Retrait effectif a Kisankala?

Kisankala situé à une trentaine de kilomètres de Kolwezi vers le fleuve Lualaba abrite différentes sociétés minières. Ici, des exploitants étrangers protégés par des soldats Congolais extraient des minerais. De plus, ils occupent des périmètres appartenant à ces sociétés. Des sources locales indiquent que ce mardi les militaires y étaient encore présents. Ce que dénonce maître Timothé Mbuya, directeur de l’ong Justicia. Son organisation milite pour la démilitarisation des sites miniers.

Nous avons salué la décision prise par le Chef de l’Etat. Malheureusement, la déclaration faite par le commandant de la 22e région militaire n’était qu’un fait d’annonce. Les moniteurs de Justicia Asbl ont observé ce mardi que les militaires n’ont pas bougé.’’

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Il ajoute par ailleurs que sur les sites des sociétés Suamin et COMIDE, toutes les positions militaires sont restées intactes.

Les acteurs de la société civile exigent du gouvernement la mise en place d’une commission mixte. Celle – ci devrait avant tout identifier tous les sites miniers occupés illégalement par des militaires, des policiers et même par des coopératives. Ensuite, elle devrait être chargée de faire le suivi de l’application de l’instruction de Felix Tshisekedi sur le retrait des militaires.