Lubumbashi: le banditisme aurait-il pris une autre dimension ?
Deux policiers ont été assassinés froidement par des hommes armés dimanche au quartier Kilobelobe à Lubumbashi. L’incident s’est produit lors du braquage d’une station-service. Cet assassinat soulève des interrogations sur la forme actuelle du banditisme urbain dans la capitale du cuivre.
Au lendemain de l’assassinat de deux policiers en pleine ville de Lubumbashi, des questions demeurent. Qui sont les bandits qui ont commis ces meurtres ? Pourquoi s’en prendre aux éléments de la police ? Si les policiers se font tuer froidement, que dire des autres citoyens ?
Ces actes odieux ont aussi choqué d’autres éléments de la police. Une source proche de la police est sur les nerfs. Pour lui, l’assassinat de ses collègues policiers n’est pas un acte isolé. Ce serait par contre un acte de représailles. Il y a quelques semaines, la police avait mis la main sur quatorze bandits de grand chemin. Elle les avait ensuite remis à l’auditorat militaire. Cependant, tous se sont évadés lors de leur transfert à la prison de Kasapa.
“Ceux qui ont tué les deux policiers seraient les membres du gang que nous avions démantelé. Ils ont voulu se venger sur la police. Leur évasion expose les policiers », déplore cette source.
Des militaires parmi les bandits ?
Les bandits qui ont attaqué la station-service à Kilobelobe seraient un groupe d’une dizaine de personnes. Dans une vidéo de surveillance postée ce lundi sur les réseaux sociaux, deux hommes ont été présentés comme des militaires. L’un d’eux était même en tenue militaire. En outre, on pouvait entendre des communications par Motorola entre les bandits. D’où cette autre question: les militaires feraient-ils partie de ce gang ?
Le porte-parole des FARDC à la 22ᵉ région militaire, le colonel Dieudonné Ngoy, ne l’atteste pas. Il affirme qu’il faut des preuves matérielles pour confirmer ces allégations. “ Les Motorola se vendent partout. En plus, certains bandits utilisent des effets militaires. Donc, il nous faut plus de preuves pour soutenir qu’il y avait des militaires parmi les bandits », dit-il.
Selon les dernières informations, un des bandits a été arrêté par la police tôt ce mardi et trois armes ont été saisies.

