Marché Mzee : le compte à rebours est lancé pour déguerpir
Les vendeurs et vendeuses du marché Mzee Laurent-Désiré Kabila ont jusqu’au 20 août pour libérer le lieu. La décision a été annoncée ce jeudi 6 août, par le gouverneur intérimaire du Haut-Katanga, Martin Kazembe. C’était lors d’une réunion tenue avec le maire de la ville, le ministre provincial de l’Économie, celui des Infrastructures ainsi que des représentants des vendeurs. Selon le gouverneur, cette mesure vise à permettre le lancement des travaux de construction d’un nouveau marché moderne.
Depuis, la nouvelle alimente toutes les conversations des vendeurs et vendeuses du marché Mzee. Ce vendredi matin, on en parle dans tous les rayons. La tension est palpable. Par exemple, du côté où se vendent les pièces de rechange pour véhicules, motos et vélos, les commerçants sont debout devant leurs étalages, discutant de la décision des autorités. Certains refusent de partir.« Nous ne partirons pas. Qu’ils viennent avec les engins pour nous déraciner. Sinon, nous ne partirons pas. » À quelques mètres de là, un autre vendeur tente de calmer son interlocuteur : « La loi est dure, mais c’est la loi. Organisons-nous et libérons le lieu. »
Pour sa part, le gouvernement provincial affirme que les commerçants devront rejoindre temporairement d’autres marchés de la ville pendant la durée des travaux.
À travers les rayons des légumes, les vendeuses s’interrogent toutefois sur la promesse selon laquelle elles seraient réparties dans différents marchés de la ville de Lubumbashi. D’après elles, aucune disposition concrète concernant leur délocalisation n’a été prise par les autorités. L’une d’entre elles affirme . « C’est faux. La décision du gouverneur ne fait aucun cas de cette promesse. Martin Kazembe nous a juste demandé de quitter le marché avant le 20. Les autorités avaient fait cette fausse promesse pour nous calmer ce jour-là. »
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Impact économique
De leur côté, les commerçants continuent d’exprimer leur opposition, craignant les conséquences économiques d’une délocalisation provisoire. Une vendeuse des épices s’inquiète d’une éventuelle affectation au marché Katuba ou à Tabac-Congo. « Je ne partirai pas à Katuba. Moi, je vais vendre à l’extérieur du marché. Ici, au centre-ville, les prix sont différents de ceux des marchés de la cité. En plus, je reçois les commandes des grands restaurants de la ville. Ils viennent nous acheter 10 à 15 filets d’oignons. Mais au marché Tabac, par exemple, qui vient acheter une telle quantité ? »
Entre-temps, vers 12 heures, un important dispositif de la police a été déployé devant le marché Mzee afin de prévenir un probable soulèvement des vendeurs, la tension se faisant de plus en plus sentir. Un attroupement de commerçants a d’ailleurs été observé devant le bureau de l’administrateur du marché.
À noter toutefois que, malgré cette annonce, l’activité commerciale s’est poursuivie normalement dans ce lieu de négoce. Certains marchants espèrent un délai supplémentaire. « Nous ne refusons pas de quitter le marché. Nous demandons un délai de six mois pour que nous nous organisions autrement. »

