RDC : le revers de la transition verte
La transition énergétique mondiale place la République démocratique du Congo au centre des enjeux. Son sous-sol fournit plusieurs minerais indispensables aux technologies vertes. Mais leur exploitation exerce aussi une forte pression sur l’environnement.
Le monde veut réduire l’utilisation du pétrole, du charbon et du gaz. Les énergies solaire et éolienne, les véhicules électriques et les batteries rechargeables prennent ainsi de l’importance. Cette transformation nécessite cependant des minerais. Cobalt, cuivre, lithium, nickel, graphite et manganèse sont particulièrement recherchés.
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De ce fait, la RDC figure parmi les pays phares de cette nouvelle économie. Elle est notamment un acteur majeur du cobalt mondial. Le Haut-Katanga et le Lualaba concentrent une grande partie de cette activité minière. Pour le professeur Célestin Banza, toxicologue à l’université de Lubumbashi, cette position donne au pays un rôle important dans la transition énergétique. « La RDC joue un rôle très important par rapport à ce qu’on appelle la transition énergétique », souligne-t-il.
Une transition aux conséquences environnementales
Cette position stratégique a toutefois un revers. L’augmentation de la demande mondiale entraîne une intensification de l’exploitation minière. Le professeur Banza alerte sur les conséquences environnementales observées dans plusieurs zones minières. Il évoque notamment la pollution des rivières, des lacs et des nappes phréatiques.
Des rejets issus des activités minières peuvent atteindre les cours d’eau. Ils menacent alors les poissons et les autres organismes aquatiques. Dans certaines zones, les populations continuent pourtant de dépendre de ces ressources pour leur alimentation et leurs activités quotidiennes. « Plus la demande devient importante, plus il y a des problèmes qui vont se poser », prévient le toxicologue.
Quel héritage pour les générations futures ?
Le paradoxe est donc évident. La RDC fournit des ressources nécessaires à une transition présentée comme plus propre. Mais leur extraction peut dégrader les mêmes écosystèmes dont dépendent les populations. Le professeur Banza pose ainsi une question essentielle : « Quel est l’héritage pour les générations futures ? »
De son côté, Emmanuel Umpula, membre de la coalition africaine sur les minerais verts, déplore aussi les effets néfastes de l’exploitation de ces minerais sur l’environnement. Celui-ci fait allusion aux impacts négatifs de l’exploitation minière dans le Lualaba en général. « Des maisons sont détruites à Kolwezi, la santé humaine est en danger et la biodiversité est menacée », regrette-t-il. Au-delà de ses impacts négatifs sur l’environnement, Emmanuel Umpula note que jusqu’à présent « cette transition profite encore aux pays du Nord qu’aux pays producteurs ».
Pour la RDC, l’enjeu ne consiste donc pas seulement à augmenter la production de minerais critiques. Il s’agit aussi de mieux encadrer leur exploitation.
La transition énergétique mondiale peut offrir au pays d’importantes opportunités économiques. Mais elle ne pourra être durable que si la production de cobalt, de cuivre, de lithium et d’autres minerais s’accompagne d’une protection effective des sols, des eaux, des forêts et de la santé des communautés. La RDC est au cœur de la transition énergétique. Elle doit désormais veiller à ce que cette transition ne se fasse pas au prix de son environnement.

