DRC Mining Week : « Donnez-nous de l’énergie, nous produirons davantage », plaide Hugo Sinza de TFM

DRC Mining Week : « Donnez-nous de l’énergie, nous produirons davantage », plaide Hugo Sinza de TFM

Malgré son statut de premier producteur mondial de cobalt et sa production record de cuivre, la RDC continue de se heurter à un grand obstacle. Il s’agit du manque d’électricité. Hugo Sinza,Directeur des Relations Externes de Tenke Fungurume Mining (TFM) a dressé ce tableau lors d’un panel consacré à l’énergie à la DRC Mining Week, le 19 juin 2026 à Lubumbashi.

Face aux représentants du gouvernement, des entreprises et des partenaires du secteur, il a rappelé combien l’énergie est devenue indispensable à l’avenir de l’industrie minière congolaise. “L’industrie minière aujourd’hui, sans énergie, c’est comme une voiture sans barre de direction “, a-t-il déclaré.

Pour Hugo Sinza, les performances actuelles du secteur minier démontrent déjà le rôle central de l’électricité.  Par exemple  la RDC a produit plus des trois millions de tonnes de cuivre selon les données du ministère des Mines.   De plus ,le pays  conserve aussi sa place de leader mondial du cobalt. Et ceci a été possible parce qu’une partie de l’énergie nécessaire a pu être mobilisée.

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L’energie un défi

Selon le ministère des ressources hydrauliques ,le pays  dispose d’un potentiel énergétique estimé à plus de 100 000 mégawatts. Avec cette capacité la RDC est capable d’alimenter bien au-delà de ses frontières. Pourtant, le taux d’électrification demeure faible et le déficit énergétique continue de peser sur l’économie. ” Nous avons un potentiel de plus de 100 000 mégawatts capable d’électrifier toute l’Afrique, mais notre taux d’électrification reste autour de 22 %. Cela veut dire qu’il y a un problème “, a-t-il souligné.

Pour les entreprises minières, ce déficit impacte négativement sur la production minière. Par exemple, une simple coupure de courant peut désorganiser toute une chaîne de production. ” Chaque fois qu’il y a une coupure d’énergie électrique, même pour une minute sur une mine, vous mettez près de deux heures à redémarrer“, a expliqué ce responsable de TFM.

Selon lui, ces interruptions représentent des pertes considérables pour les entreprises, mais aussi pour l’État et les communautés qui bénéficient des retombées du secteur minier.

Une collaboration s’impose

Face à cette situation, Hugo Sinza appelle à une collaboration plus étroite entre les secteurs minier et énergétique. Il estime  par ailleurs que les besoins des mines peuvent être anticipés grâce aux prévisions de production établies plusieurs années à l’avance. Cette visibilité devrait permettre de mieux planifier les investissements dans la production, le transport et la distribution de l’électricité.

Le cadre de TFM a également insisté sur un autre défi. C’est par exemple la préparation de la relève. ” La sécurité énergétique ne va pas dépendre uniquement du nombre de mégawatts que nous produisons. Elle va dépendre aussi de notre capacité à gérer, à planifier et à nous projeter“, a-t-il affirmé.

Pour lui, la RDC doit investir massivement dans la formation des ingénieurs, des chercheurs et des spécialistes capables d’accompagner les transformations technologiques en cours, notamment celles liées à l’intelligence artificielle.

Hugo Sinza  plaide aussi pour un partenariat renforcé entre l’État, les entreprises, les universités et les acteurs du secteur énergétique afin d’accélérer les réformes et les investissements. “Chaque jour que nous perdons, c’est une perte énorme pour la nation toute entière “, a-t-il averti avant de lancer un appel direct aux décideurs : « Donnez-nous de l’énergie, nous produirons plus. »